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LA MAISON DE BARBERINE

Articles récents

CELEBRATION 30 ans

20 Août 2017 , Rédigé par Maison de Barberine Publié dans #informations de l'association

Nous avons célébré les 30 ans de notre association le samedi 29 juillet 2017. Voici une vidéo avec quelques images de cette fête qui ressemblait beaucoup à une cousinade.

 

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30 ANS DEJA

17 Juin 2017 , Rédigé par Maison de Barberine Publié dans #Infos

 

VallorcineLe Musée de la Maison de >Barberine à déjà 30 ans. Nous célèbrerons cet anniversaire à Barberine le samedi 29 Juillet.

Les adhérents du musée sont conviés à cet anniversaire qui se terminera par un barbecue en fin de soirée. (détails de la journée du 29 juillet à venir)

Pour cette saison du trentième anniversaire, le musée présentera une exposition de broderies réalisées par Marie Ancey. Cette exposition sera visible durent les mois de juillet et août.

 

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E v'lya

15 Août 2015 , Rédigé par Maison de Barberine Publié dans #E v'lya

Bonjour,

le numéro 12 de notre publication E v'lya est sorti depuis quelques temps.

il est diponible au musée ainsi qu'au bureau de tabac de Vallorcine.

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Circulaire n°1 2014

17 Février 2014 , Rédigé par Maison de Barberine Publié dans #informations de l'association

 

Circulaire n° 1


Cher(e) adhérent(e),


Recevez pour vous et pour toute votre famille nos meilleurs vœux pour la nouvelle année.


Vie de l’association

Nous avons appris avec peine les décès de Mme Auber et de M. Le Breton qui étaient

l’un et l’autre parmi nos plus anciens et nos plus fidèles soutiens. Nous adressons à leurs

familles nos sincères condoléances.


Conformément à ce qui a été prévu par les associations patrimoniales du pays du Mont

Blanc lors de leur réunion à Cordon le 12 octobre 2013 (nous n’avons pu y participer pour

raisons familiales),


nous concevons actuellement un panneau relatif à l’ascension du Buet par

Saussure et son guide vallorcin en 1776, prélude à la conquête du Mont Blanc dix ans plus tard.


Nous nous adresserons prochainement aux candidats aux élections municipales du

printemps et leur demanderons de se prononcer sur le projet de réimplantation d’un regâ. A cette

fin, nous avons acquis en 2012, sur nos fonds propres, un terrain à Barberine ; l’été dernier, nous

avons aussi proposé à la Mairie de Vallorcine et à l’Intercommunalité une inauguration

symbolique de la première pierre, à l’occasion du 750e anniversaire de la charte d’albergement

de notre vallée,


  ce qui vaudrait engagement.

Nous vous informerons des réponses reçues.


Renouvellement des adhésions


Vous êtes invité à réadhérer dès maintenant en envoyant un chèque (d’un montant

minimum de 16 euros) à l’adresse de la trésorière ci-dessous. Nous vous en remercions à l’avance.


Le président par intérim,                La trésorière,                           La secrétaire.

Michel Ancey                        Marie-Laure Orosz-Ancey          Françoise Ancey-Dusservais


Adresse de la trésorière : Marie-Laure Orosz, 422, chemin de la Chandouze, 74380 Cranves-Sales.

Courrier électronique : laure.orosz@free.fr

 

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Circulaire nun.2 2010

6 Février 2011 , Rédigé par Maison de Barberine Publié dans #informations de l'association

Cher(e) adhérent(e),

 

Compte-rendu succinct du C.A. du 06/08/10 :

Nous évoquons le fait qu'au mois de juin un Chèque Patrimoine de 500 euros nous a été versé par le Crédit Agricole pour récompenser notre action de mise en valeur du patrimoine. Nous avons effectué l'achat d'archives du PLM ainsi que du livre de R.Lonfat. Comment conserver ces documents et aussi les mettre, ainsi que d'autres, à disposition des adhérents ? Peut-être pourrait-il y avoir un fonds du musée annexé au fonds culturel de la nouvelle bibliothèque de la Mairie de Vallorcine...

De nouveaux dépliants du musée ont été édités et distribués dans différents offices de tourisme de la vallée.

Des explications sur l'exposition de cet été ont été demandées ainsi qu'un vernissage. On le fixe au 20 août.

Frédérique Chambost, la gardienne fournie par la Mairie depuis l'an dernier, en échange de la subvention, a réalisé un nouvel étiquetage pour certains objets du musée. Nous l'en remercions, cependant, elle n'a assuré qu'une trentaine d'heures de présence. Il faudrait revoir à la hausse cette participation de la Mairie pour l'an prochain.

Les travaux à prévoir :

- la chéneau entre grenier et grange est à refaire, à l'ancienne si possible, ainsi que la couverture de la grange.

- Il faudra changer la poutre ainsi que remplacer des lambourdes.

- Au dessus de la barrière que R.Chamel a faite à la porte de la grange, il faudra marquer "Accueil" avec une flèche.

- Le bassin est à refaire.

- Il est prévu de refaire l'abri de la cave et la porte d'entrée. (Marc)

Projets :

Nous projetons pour 2011 une exposition de généalogie que M.Bozon se propose de réaliser. Différents renseignements ont été pris pour équiper le musée de bornes interactives, en particulier auprès d'Actimuseo, mais ni les prix ni même l'usage n'ont semblé séduire les membres présents. Il vaudrait peut-être mieux s'orienter vers l'édition de catalogues par thèmes basés sur l'inventaire. M-L Orosz propose l'achat d'une nouvelle vitrine (1m60/94) pour 700 euros, c'est adopté.

Il faudrait que les prés en dessous du musée soient fauchés. Contact est pris avec l'entreprise Ducruey. Les démarches pour l'achat du terrain de Gérard Ancey ont avancé. Il faut compter cependant un délai de 2 mois. Un repas des gardiens et des amis du Musée aura lieu le 9 octobre.

 

Quelques nouvelles postérieures au C.A. :

Vernissage de l'exposition le 21 août au musée, dans une ambiance chaleureuse. Achat de la vitrine.

Réunion de Mont Blanc Patrimoine au musée le 2 octobre. Le repas des gardiens et des amis du Musée s'est tenu comme prévu.

 

Rappel : Adhésions 2010 :

Nous remercions ceux d'entre vous qui ont versé leur cotisation depuis la circulaire n°1 du 27/04/10. Ils trouveront, collé sur la présente, l'autocollant 2010 à apposer au dos de leur carte (nous envoyons la dite carte à ceux qui en font la demande)  Comme il n'est jamais trop tard pour bien faire, les retardataires peuvent toujours envoyer un chèque de16 euros à la Trésorière.

En cette fin d’année nous vous souhaitons à tous de bonnes fêtes  

Cordialement à tous.

Françoise Ancey-Dusservais                            Marie-Laure Ancey Orosz

Secrétaire                                                                               Trésorière

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Un Habitat de transition

3 Août 2009 , Rédigé par Maison de Barberine Publié dans #architecture

Il existe un article de Jean Robert, très intéressant , daté de 1936 qui relate une visite de la valée de Vallorcine et compare l'habitat de Vallorcine avec celui des vallées de Chamonix ou du Trient.
On peut trouver cet article dont je vous recommande la lecture en cliquanr sur ce lient:
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1936_num_24_3_3543

Jean Robert. Un habitat de transition : Vallorcine, Revue de géographie alpine, 1936, vol. 24, n° 3, pp. 667-700.

Il est possible d'y télécharger la totalité de l'article au format pdf
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Circulaire n° 2 (19 juin 2009)

19 Juillet 2009 , Rédigé par Françoise Ancey-Dusservais Publié dans #informations de l'association

Circulaire n°2 le 19 juin 2009 Cher(e) adhérent(e), Tous les membres de l'association et les sympathisants sont invités à participer à l'assemblée générale bisannuelle qui se tiendra le samedi 1er août à partir de 17h30 à la salle de la Ruche. Ordre du jour : - Rapport d'activité.- Rapport financier. - Renouvellement du tiers sortant des membres du conseil d'administration. (Anne-Marie, Gérard, Marie, Michel ANCEY, Marie-Laure OROSZ, Dominique, Joseph ANCEY, Robert CHAMEL, Simone CLARET, Jean-Marie DUNAND). - Modification des statuts relatifs aux droits des membres du bureau. - Projets d'avenir, travaux, expositions. Nous rappelons qu'il faut être à jour de sa cotisation 2009 pour participer à l'A.G. et être élu au C.A. Il est souhaitable que ceux d'entre vous qui souhaitent être élus se signalent le plus tôt possible, de même pour d'éventuels démissionnaires. A bientôt, cordialement.
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Circulaire n°2 (2008)

28 Juin 2008 , Rédigé par Patrick Publié dans #informations de l'association

22 juin 2008

Nous accueillons cette année au musée l'exposition de photographies de Marie-Anne Chamel. Le vernissage aura lieu le samedi 12 juillet à partir de 11h30, et nous offrons à cette occasion un vin d'honneur auquel vous êtes tous invités.

Au cours de l'automne et de l'hiver, un certain nombre d'objets ont été apportés au musée. Nous renouvelons notre souhait de connaître le nom des donateurs pour pouvoir les remercier et, dans le cadre de l'inventaire, nous avons besoin aussi d'obtenir des indications sur l'origine (date et lieu) des objets en question.

Afin d'éviter toute confusion dans nos rapports avec la Mairie et comme l'avait fait Marie-Marthe Ancey lors d'une mandature précédente, Dominique Ancey a donné sa démission du conseil d'administration à la suite de son élection au nouveau conseil municipal. Elle a établi de plus le tableau des gardiens du musée pour la saison, ce dont nous la remercions.

Un grand merci à tous ceux qui ont déjà réadhéré à l'association cette année. Nous souhaitons qu'ils convainquent leurs proches ou leurs amis de venir nous rejoindre afin d'assurer la pérennité de notre association. (16 euros minimum à l'ordre de l'AMBMV.)

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Le Pele

25 Juin 2008 , Rédigé par Françoise Ancey-Dusseervais Publié dans #architecture

 

 

 

 


Le pèle tire son nom du poële qui chauffait la pièce et la rendait l'endroit le plus chaleureux et confortable de la maison. Ce poële, situé contre la paroi, était chargé par la cuisine et sa fumée s'évacuait par la bourne, tout comme celle de l'âtre, à la cuisine.

Les parois du pèle ainsi que du sol sont en planches, le plafond étant en planches et poutres apparentes. La poutre maîtresse est décorée et porte différentes inscriptions dont une date. On remarque aussi une petite trappe dans le plafond que l'on ouvrait pour communiquer un peu de chaleur dans la chambre (tsambron) située au-dessus. L'éclairage naturel enfin, ne vient que du côté de la vallée à travers de petites fenêtres afin de ne pas perdre trop de chaleur.

Dans le pèle, on prenait les repas familiaux, on dormait, on faisait les veillées ; alors, on jouait aux cartes ou à divers jeux de société, on chantait, on faisait de la musique (harmonica "musique à bouche", mandoline, violon etc.). Les femmes tricotaient, cousaient, brodaient ou, dans le vieux temps, filaient. Peut-être quelqu'un faisait-il la lecture ou racontait des légendes. Ajoutons qu'en hiver, le pèle était partiellement occupé par le métier à tisser, dont on voit des marques d'emplacements dans les parois au musée, mais ce métier était démonté l'été.

On trouvait dans cette pièce un mobilier comparable à celui d'une salle de séjour moderne mais avec en plus le lit des maîtres de maison, souvent lit surélevé parce que surmontant un lit-tiroir à roulettes (birio) où pouvaient coucher un ou deux enfants en bas âge. Il pouvait aussi y avoir un berceau à part, pour un nouveau-né. Au musée, on trouve en outre de petits placards situés dans le mur le plus chaud de la maison, entre le foyer de la cuisine et le poële du pèle. On y conservait des produits craignant l'humidité ainsi que des objets précieux comme les livres de messe.

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Le rendez-vous des Vallorcins de Paris

4 Mai 2008 , Rédigé par Patrick Publié dans #Personnages Vallorcins

M. Maurice Canat, ancien maire de la commune, nous a adressé en janvier 1993 une longue lettre dont nous publions ci-dessous la partie relative à l'émigration des Vallorcins vue à travers ses souvenirs d'enfance. Il termine en affirmant n'avoir jamais eu "la plume très ouvrière". Nous le remercions d'autant plus vivement de la vivacité et de l'abondance de son récit.

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt et de plaisir l'article d'E v'lya n° 5 sur les Vallorcins de Paris. J'y ai retrouvé, avec une émotion nostalgique, les souvenirs de mon enfance. Aussi, je ne puis me défendre du plaisir d'évoquer la fraîcheur de celles qui furent mes belles années.

Mes souvenirs remontent à la guerre de 1914. Mon père, mobilisé, nous envoyait, ma mère, ma soeur, mon frère et moi, à Vallorcine chaque année, dès que le train marchait, car l'hiver il s'arrêtait à Chamonix ou aux Tines. Nous allions, jusqu'aux vacances, à l'école des Plans. C'est là que j'ai connu tous les Vallorcins de ma génération et que j'ai contracté un besoin permanent de me retremper aux sources.

Nous arrivions, dès que possible, au Crot, chez mon grand-oncle Clément, et nous vivions la vie des petits Vallorcins, nos voisins. Nous échappions ainsi aux bombardements et ne grevions pas trop le maigre budget des allocations militaires. La famille subsistait, comme toutes les autres au pays, sur les ressources de l'exploitation familiale, essentiellement de laitages, de pommes de terre, avec un morceau de lard le dimanche. Je suis même allé, en 1914, aux dernières vendanges à Martigny, et j'ai gardé un vague souvenir de la montée de la Forclaz dans la hotte de l'oncle.

Nous gardions les vaches aux champs et allions le soir aux Rupes pour la rentrée du troupeau de chèvres. Nos jeux n'avaient trait qu'à la vie rurale qui nous entourait, évoquant uniquement les occupations pastorales.

Et puis, en octobre, nous prenions le dernier train pour Paris, en pleurant jusqu'au tunnel des Montets, et nous nous consolions dans une étape de quelques jours à la Pallud, chez Agathe Ramus qui était une grande amie de ma mère. Nous nous réjouissions des excentricités de son oncle qui lui faisait de petites misères, et nous nous bourrions de prunes qui nous donnaient la colique. J'ai été sensible au rappel de son retour et de celui de Marcelle, à qui j'ai encore rendu visite il y a quatre ou cinq ans.

Le souvenir de Joseph Ancey m'a également ému. "C'est le doyen de la commune", disait ma mère; un titre mystérieux qui devait cacher des pouvoirs redoutables. Son âge vénérable l'auréolait d'une sorte de majesté. On ne l'appelait que par son nom: "monsieur Ancey", et non Clovis ou Ludivine ou Camille à Bonaventure, comme tout le monde. Il m'impressionnait fort, fossilisé dans le soleil sur le banc de la Philomène. Quand je passais par là, je filais, en jetant toutefois un regard curieux, mais craintif, sur ce patriarche qui aurait bientôt cent ou mille ans -- je ne savais pas au juste, mais en tout cas, c'était énorme.

Mais j'en reviens à l'objet de ma lettre: l'appel aux souvenirs des Vallorcins de Paris. Puisque je possède quelques-uns de ces souvenirs, je vais les livrer avant qu'il ne soit trop tard.

Jusqu'à la guerre de 1914, l'émigration vers la capitale fut un phénomène généralisé chez les jeunes adultes. Cela a été le cas de ma grand-mère (sur la photo de la page précédente, elle a son chat sur les genoux et sa fille assise près d'elle) et de beaucoup de gens de la génération de mes parents. Dans les premières décennies de la troisième République, un Vallorcin, M. Burnet, avait ouvert une fabrique de caoutchouc spécialisée dans les fournitures pharmaceutiques; elle est encore connue sous ce nom. C'est lui qui assurait l'accueil et souvent l'emploi des Vallorcins qui rejoignaient la capitale et se fixaient à Ivry où était l'usine. J'ai connu dans ma jeunesse ce vieillard imposant.

Puis, dans les années 1880, ma grand-mère, Mme Bonnaz, venue comme petite bonne en maison bourgeoise et qui avait épousé un Vaudois, cocher de maître, avait acquis un petit café-restaurant, près des Invalides, 22 bis rue Jean Nicot (photo de la page précédente). Ce café, où je suis né, existe toujours. Il devint le point d'accueil et de rendez-vous des Vallorcins, et même de bien des Chamoniards. Je ne l'ai pas connu car je n'avais que trois ans quand le fonds fut vendu mais, par mes parents, j'ai dû connaître tous nos concitoyens qui vivaient en région parisienne: Francis Dunand et sa famille; Maurice Claret, fils de Michel; Albert et Elise Claret, enfants de Vincent de la Villaz; les Ramus, bien entendu; Germain Semblanet, employé au métro, et sa femme Eugénie; l'abbé Semblanet, curé de Saint-Mandé; d'autre part, les filles de Vallorcins mariées à Paris: Mme Depoisier, mariée à un épicier de la rue Washington; Mme Perroneau, mariée à un sergent de ville; des Chamoniardes: Mme Gouley, Mme Arnold née Devouassoud, Mme Dejonghe née Bossoney, Mme Devouassoud du Raincy...

La plupart de ces relations se sont maintenues jusqu'à nos jours quand les générations sont représentées. Avec la famille de Francis Dunand, les relations s'étalent dans l'intimité sur cinq générations; la sixième ne manifeste pas encore de langage articulé, mais tous les espoirs sont permis. Il n'y a guère qu'une dame de Vallorcine dont j'ai su l'existence sans la connaître -- quel dommage! Elle tenait une confiserie rue du Louvre.

Pour mieux souder encore cette fidélité aux origines, il existait une société amicale, "les Enfants du Mont Blanc", qui réunissait les originaires du haut Faucigny jusqu'à Sallanches environ. M. Selleti et M. Picandet en furent les présidents. Mon père était secrétaire ou trésorier. Elle nous rassemblait une fois par an en un banquet, suivi d'une sauterie où Eloi Berguerand -- futur maire de Vallorcine (voir photo p. 9), le père de Jacques -- faisait danser ma soeur en attendant de rentrer au pays pour y ouvrir l'hôtel de l'Ermitage. Enfin, boulevard Beaumarchais, un journal, le petit Savoyard, donnait les nouvelles locales des deux Savoies (fac-similé ci-dessus).

N'oublions pas que tous ces Savoyards étaient, pour la plupart, des gens très modestes, qu'il n'y avait pas de congés payés et que, par conséquent, le besoin de retrouver leurs origines ne leur laissait que la ressource de se rapprocher de leurs compatriotes.

Ensuite, le développement du tourisme a permis de s'employer à proximité et de façon plus rémunératrice, si bien que cette émigration a pratiquement cessé, ou s'est faite par d'autres voies. Je n'ai guère connu à Paris de Vallorcins de ma génération ou de celles qui ont suivi, mais il faut sans doute continuer l'enquête et susciter d'autres témoignages.

Maurice Canat


On pouvait lire cet entrefilet dans le numéro du 23 décembre 1909 du Petit Savoyard (qui diffusait des nouvelles locales à l'intention des émigrés dans la capitale): "VALLORCINES (sic). -- Edifice communal. -- Le conseil municipal de Vallorcines vient de décider la construction d'une maison communale servant de mairie et où seront logés également le bureau des postes et la section des gendarmes."

 

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Quelques Informations:

4 Mai 2008 , Rédigé par Patrick Publié dans #maisonbarberine

La précédente municipalité a reconduit le subvention de 1500€ qu'elle nous a accordée toutes les années précédentes -- et nous l'en remercions.

Marie-Ane Chalmel nous a proposé d'organiser cette été au musée une exposition de ses photos en noir et blanc sur le thème des " Lumières de nos vallées" ( montagnes, fleurs et personnages). Un vernissage et prévu.
Vous serez informés plus précisément à ce sujet lors de la prochaine circulaire
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Vallorcine et le Martigny-Châtelard

26 Juillet 2005 , Rédigé par Bernard Laville Publié dans #Histoire de Vallorcine

 

Dans le n° 3 d'E v'lya, nous avons vu comment le chemin de fer était arrivé à Vallorcine depuis le Fayet. Voyons maintenant ce qui s'est passé du côté valaisan pour faire la jonction avec la vallée du Rhône.

De ce côté, la topographie des lieux rendait encore plus difficile une liaison entre le Valais et la vallée de Chamonix, qu'elle soit routière ou ferroviaire. Avant que ne soit réalisée, après l'annexion de 1860, la route du col des Montets, la plus grande partie du trafic du Valais vers Chamonix passait par le col de Balme. La vallée de Vallorcine offrait alors un aspect des plus sauvages.

Jusqu'en 1824, tous les transports se faisaient par mulets et les voyageurs franchissaient le col de Balme souvent en chaise à porteurs. L'ouverture d'une route carrossable en 1824 marque le début de la période des calèches et des diligences.

C'est seulement en 1890 que trois demandes de concession sont déposées en vue de l'établissement d'une voie ferrée entre le Valais et la France. Pour des raisons diverses, aucune n'est retenue.

En 1899 et 1900, trois nouvelles demandes de concession pour la construction d'un chemin de fer électrique à voie d'un mètre sont déposées au Département fédéral des chemins de fer. Celles-ci émanaient de MM. Defayes, Strub, Amrein et Gillieron pour un chemin de fer partiellement à crémaillère de Martigny au Châtelard par Vernayaz et Salvan, et deux autres groupes pour un chemin de fer à adhérence avec rampes de 8 % de Martigny au Châtelard par le col de la Forclaz et pour un chemin de fer de Vernayaz à Finhaut par Salvan avec élévateur-transbordeur pour voitures automotrices jusqu'à Salvan.

Dans son message aux chambres du 16 avril 1901, le Conseil fédéral se prononça pour la concession par le col de la Forclaz. Mais à la suite d'une longue et vive discussion, les chambres fédérales accordèrent, le 20 décembre 1901, malgré le préavis du Conseil fédéral, la concession d'un chemin de fer de Martigny-gare Jura-Simplon (ce n'étaient pas encore les C.F.F.) au Châtelard Trient par Vernayaz, Salvan, Finhaut ainsi que de Martigny-gare Jura-Simplon à Martigny-bourg, à MM. Defayes et consorts pour le compte d'une société par actions à constituer.

La concession fut cédée à la Compagnie du chemin de fer de Martigny au Châtelard, constituée le 10 juin 1902 sous les auspices de la Société franco-suisse pour l'industrie électrique à Genève, qui fut chargée de procéder aux études complètes et de diriger les travaux de construction du chemin de fer. Les études, commencées avant l'octroi de la concession, furent achevées en 1903. Le premier coup de pioche pour la section Martigny-Salvan fut donné le 24 novembre 1902. En novembre 1903, on attaque Salvan-Frontière. La ligne a été achevée en 1906 et ouverte à l'exploitation le 20 août de la même année. Compte tenu de la topographie locale et de l'importance de travaux d'art qui en ont découlé, on peut dire que les travaux ont été menés à bonne allure, eu égard également au climat rude de la partie haute de la ligne, susceptible d'arrêter les travaux pendant l'hiver.

Dès lors, la ligne fonctionne sans interruption. Ici, point de suspension hivernale du trafic comme cela était le cas entre Montroc et Vallorcine jusqu'en 1936.

Comme du côté français, il en est résulté une très sensible amélioration des conditions de voyage; quand on songe seulement à ce qu'était la route de Salvan à Vernayaz avec ses innombrables lacets très serrés et fort pentus, on comprend ce que le chemin de fer a pu apporter, même en tenant compte de la relative lenteur des trains, qui au début mettaient une heure et demie pour parcourir les 19 kilomètres séparant Martigny-Jura Simplon puis C.F.F. du Châtelard, qui s'appelait alors Châtelard-Trient. Et les Valaisans pouvaient enfin rallier la vallée de Chamonix (sauf en hiver jusqu'en 1936), ce qui était un des buts de la construction de la ligne dont la raison sociale était "Compagnie du chemin de fer de Martigny au Châtelard (ligne du Valais à Chamonix)".

Est-il besoin d'insister sur la présentation des gares, toujours impeccables au fil des ans, ce qui n'est hélas pas toujours le cas chez nous!

Le matériel roulant pourtant très robuste commençait à accuser son âge dans les années 1950 et l'on mit à l'étude un nouveau matériel que l'on souhaitait pouvoir faire circuler jusqu'à Chamonix. En fait, après la mise en service du nouveau matériel S.N.C.F. en 1958, ce ne sont que des voitures-pilotes M.C. qui seront raccordées à Vallorcine aux trains français, et seulement l'été à certains trains.

Le développement du tourisme, notamment le passage par cet itinéraire remarquable de nombreux étrangers (asiatiques, américains, anglais, allemands) rend de plus en plus insupportable le changement de train à Vallorcine ou au Châtelard-Frontière.

Le matériel M.C., bien que remarquablement entretenu, commence à dater un peu (sauf la rame triple mise en service en 1979) comme celui de la S.N.C.F. Aussi en a-t-il été décidé un renouvellement partiel, permettant de faire enfin circuler des trains directs Saint-Gervais-Martigny. Du côté M.C., on envisage l'achat de deux éléments automoteurs doubles; côté français, la S.N.C.F. en achèterait deux, et les collectivités locales deux également. Au total, six rames conçues selon les caractéristiques les plus récentes pour ce genre de matériel.

Un ballon d'oxygène pour ce parcours qui ne peut qu'amener de nouveaux clients, ce dont Vallorcine doit largement profiter. L'un de ses atouts n'est-il pas le caractère agreste de sa vallée, pas encore défigurée par le béton? A condition que l'on sache le préserver.

Bernard Laville, retraité S.N.C.F. (Lyon)

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La charte d'albergement de 1264

26 Juillet 2005 , Rédigé par Bonnefoy Perrin, an 1264 Publié dans #Histoire de Vallorcine

 

Les spécialistes de l'onomastique ou science des noms propres savent que, du fait de la permanence du relief, les noms de rivières et de montagnes sont normalement les plus anciens et par là même les plus précieux.

Après avoir parlé des premiers dans le n° 1 d'E v'lya (c'est-à-dire d'hydronymie), je vais essayer d'aborder les seconds, c'est-à-dire l'oronymie. Cependant, avant de tenter, dans le prochain numéro, d'expliquer des termes aussi difficiles que Loria, le Buet ou le Gros Nol (par exemple), je propose ici, comme on me l'a demandé à plusieurs reprises, la traduction de la charte d'albergement de 1264.

Y figurent justement, sinon les plus anciens de ces noms, du moins ceux qui sont le plus anciennement attestés. On pardonnera à la traduction ses lourdeurs, dues à un souci de fidélité, quelques incertitudes et peut-être même des erreurs, le texte latin n'étant pas des plus limpides.

"Nous frère R(ichard), prieur du prieuré de Chamonix (1), du diocèse de Genève, à tous ceux qui liront le présent texte, faisons savoir que sciemment et de plein gré, sans y avoir été conduit par quelque ruse ou crainte, mais assuré de droit et de fait, nous avons donné et concédé, en notre nom et au nom de nos successeurs, à titre d'albergement perpétuel, aux Teutoniques (1) de la vallée des ours (1) et à leurs héritiers, la moitié de la vallée des ours susdite.

"Cette vallée est délimitée d'un côté par l'eau appelée Barberine (1), d'un autre par la montagne appelée Salenton (1), d'un autre par le lieu où naît l'eau appelée Noire (1) jusqu'à la limite qui sépare le territoire de Martigny (1) et le territoire de l'église de Chamonix (2).

"De même, nous signifions que les hommes susdits nommés Teutoniques, et leurs héritiers demeurant au même endroit, soient les hommes liges du susdit prieuré de Chamonix et soient tenus d'acquitter annuellement à la fête de saint Michel archange huit deniers de service et à la Toussaint chaque année quatre livres de cens au prieur de Chamonix du moment, sommes à verser et à acquitter intégralement.

"Et si quelqu'un des susdits Teutoniques veut se déplacer en un autre lieu, nous faisons savoir qu'il pourra emporter ses biens meubles avec lui librement et absolument, ainsi que vendre ses propriétés, le droit du domaine de Chamonix étant sauvegardé, mais à des hommes liges du dit prieuré et non à d'autres.

"D'autre part, ils pourront demeurer en paix et libres de menées (3), de visites (3) et de corvées et, dans le respect des autres usages, droits et coutumes de l'église ou du prieuré de Chamonix, ils doivent obéir au prieur du dit lieu et sont tenus de répondre en tous points, dans le respect des droits de propriété et de seigneurie du dit prieuré conformément à ce qui est en usage et jouissance chez les autres hommes de Chamonix. En foi de quoi nous, prieur susdit, avons apporté notre sceau pour qu'on l'appose sur la présente page.

"Fait au cloître de Chamonix, l'année du seigneur 1264, le deuxième des ides de mai (le 14)."

(Documents sur le prieuré de Chamonix, Bonnefoy Perrin, tome I, n° 10, p. 19)

 

(1) Nous reproduisons ici les formes latines exactes des noms propres: Campusmunitus, Theutonici, Vallis ursina, Berberina, Salansuns, Martigniacus.

(2) La vallée se trouve ainsi délimitée par ses quatre points d'entrée possibles: le confluent avec la Barberine, laquelle marque la limite nord-nord-est; le col du Salenton, qui marque la limite sud-ouest; la source de l'Eau noire (en gros, le col des Montets), qui marque la limite sud; et enfin la ligne de séparation des eaux (en gros, le col de Balme) entre la vallée de Trient, appartenant à Martigny, et celle de l'Arve, appartenant au prieuré; cette ligne marque la limite est-sud-est.
La note de Perrin expliquant cette dernière limite par la chaîne de montagnes qui va des Perrons au Cheval blanc, au lieu de permettre de définir les limites de la vallée, les rend confuses et conduit à supprimer l'un des deux versants.

(3) Menaydae: obligation d'effectuer certains transports. Sectores: obligation d'effectuer certaines visites.

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Histoire de la "turne", de l'église

26 Juillet 2005 , Rédigé par Charles Gardel Publié dans #Histoire de Vallorcine

En 1808, J.-P. Pictet (célèbre à Vallorcine pour "la cabane à Pictet", abri sommaire établi sur la calote sommitale du Buet) écrivait dans son Nouvel Itinéraire des vallées autour du Mont-Blanc: "L'église (de Vallorcine) est remarquable par un rempart en maçonnerie remplie de terre semblable à cet ouvrage de fortification que l'on appelle la contre-escarpe." Le texte que nous publions en page 4 manifeste la même admiration pour cette "digue ingénieuse". C'est de ce rempart remarquable que Charles Gardelle nous parle ci-dessous.

Deux murs se rejoignant à angle aigu en forme d'A majuscule ou d'étrave: voilà une bonne solution pour fendre une avalanche et protéger des constructions à l'aval. Ce moyen a été inventé par les montagnards bien avant qu'il n'existe des ingénieurs formés dans les grandes écoles.

Cette protection s'appelle à Vallorcine une tourne (turne en patois). Les tournes se rencontrent assez souvent dans les zones d'alpages depuis l'Autriche à l'est jusque dans le Queyras (chalets de Clapeyto) au sud.

Longtemps les Vallorcins se sont embauchés comme alpagistes et ils avaient pu observer les tournes au cours de leurs pérégrinations.

Il existe au moins deux tournes dans notre vallée. L'une, moins connue et minuscule, au hameau pastoral des Montets (v. photo page suivante), orientée face aux avalanches de l'Aiguillette; l'autre en haut de l'église. Celle de notre église est célèbre, mais non unique en son genre. Michel Ancey en a repéré une protégeant l'église d'Oberwald, dans le Haut-Valais (non loin du glacier du Rhône et de la Furka -- v. photo page suivante) (1).

L'église de Vallorcine avait été endommagée par l'avalanche de 1594. Elle restait protégée par une "mauvaise tourne". Dans l'hiver 1719-1720 une forte avalanche montra qu'elle était insuffisante. Une nouvelle tourne fut construite en deux ans aux prix de 4 500 journées de travail. Mais nos Vallorcins étaient habitués aux durs travaux accomplis en commun (les "manoeuvres", selon le terme habituel dans la vallée). La tradition orale veut que les pierres en aient été descendues en traîneau sur la neige. Les meilleures pierres provinrent des Ruppes, le remplissage, des pierriers du voisinage. On peut noter en effet qu'ils sont plus rares aux abords de l'église. Cette nouvelle tourne fut plusieurs fois renforcée par la suite, après la reconstruction de l'édifice en 1755-1756. A la suite de l'avalanche du 15 janvier 1843 qui renversa le clocher, le mur sud fut prolongé. De nouveaux travaux furent entrepris en 1861. Enfin, après la dernière grande avalanche de l'hiver 1952-1953, le mur sud fut surélevé avec des pierres descendues cette fois par câble. Ce dernier travail ne fut pas accompli par une manoeuvre, mais par une entreprise (2).

La tourne actuelle semble largement suffire, d'autant que les pentes les plus raides se reboisent. Restons prudents: les avalanches sont le lot de Vallorcine.

Charles Gardelle

P.S.: Les lecteurs curieux de détails supplémentaires pourront lire à ce propos le chapitre 4 du livre de Mme Germaine Lévi-Pinard (p. 61) sur Vallorcine au XVIIIe siècle et la p. 28 du livre de Françoise et Charles Gardelle, Vallorcine (éd. Textel), lequel sera en vente au musée à partir de 1991.

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Vallorcine en 1820

26 Juillet 2005 , Rédigé par ? Publié dans #Histoire de Vallorcine

"Valorsine présente des deux côtés de la vallée un assez bel amphithéâtre, où l'on reconnaît la main de l'homme tout à la fois laborieux et simple. De distance en distance on voit sur la pente des montagnes et dans le bas de petits hameaux et des chaumières, qui annoncent qu'il y a là des mortels condamnés à subir la sentence d'un travail pénible. Avec un terrain froid, des glaciers alentour, peu de soleil, beaucoup de nuages, des avalanches qui chaque printemps emportent du terrain, des récoltes et quelquefois des maisons, et qui obligent à des déblais considérables, de quels biens peut-on jouir pour prix de ses peines! Qui voudrait s'isoler du monde entier, vivre dans une parfaite retraite, se contenter de lait et de pain d'avoine, rêver mélancoliquement sur les bords d'un ruisseau, se plaire au fracas de la foudre, éviter le bruit des chars et jusqu'à la vue de leurs moindres traces, peut trouver à Valorsine de quoi contenter ses goûts solitaires.

"Les plus riches, ou plutôt, les moins pauvres des habitans ont des maisons en pierres, dont les murs sont très-épais à cause des avalanches, et les fenêtres très-petites et ouvertes en abat-jours du côté du midi (...).

"J'ai vu avec grand plaisir une preuve de l'attachement des Valorsins à la Religion, dans la digue ingénieuse au moyen de laquelle ils préservent l'église du ravage que font ces avalanches. C'est un mur en forme de contre-garde, d'environ 12 pieds d'épaisseur, présentant le sommet de l'angle aux ravines; dans l'intérieur sont deux terrasses qui soutiennent le mur; et au-dessus est placé l'édifice. Ces gens-là sentent bien, s'ils ne savent pas s'en rendre pleinement raison, que la piété, en attirant les bénédictions de Dieu, est le palladium des sociétés; ils sentent que respecter le temple qui est le palais représentatif du Monarque de la terre et des cieux, la demeure du père de famille, le rendez-vous de ses enfans pour l'honorer et le bénir, pour se former à son amour et pour recevoir le pain de vie, c'est rester en union avec le Dieu de la vie, et se mettre sous sa protection et sur la ligne des bienfaits qui procèdent de l'ordre établi par la Sagesse Suprême. Quelle belle philosophie que celle de la foi! Elle lie le monde visible avec l'invisible, le temps avec l'éternité, la créature avec le Créateur; elle met la faiblesse sous le bouclier de la toute-puissance; elle finit par enchaîner le Génie du mal.

"Le besoin rend industrieux: ces pauvres gens ayant peu de récoltes pour suffire à leur subsistance pendant leurs longs hivers, ont trouvé le moyen de préserver les graines de l'atteinte des rats, en établissant des greniers isolés de terre, c'est-à-dire, supportés à la hauteur de deux ou trois pieds par des piliers, dont chacun est couronné d'une pierre plate très-large, tellement que les rats qui arrivent au haut de ces piliers ne peuvent aller plus loin. Voilà, me disais-je, un des points de la guerre entre l'homme et les animaux. Quel roi qui tire tout à lui, qui ne regarde qu'à son intérêt et à son plaisir, et qui tous les jours immole ses sujets à son appétit, et qui plus est, à ses passions désordonnées! Et quels sujets qui cherchent souvent à se soustraire à leur roi, qui même le méconnaissent, le dépouillent, et quelquefois le dévorent! C'est le désordre même. Je ne puis trop me le demander: serait-ce là l'état de création? (...)

"Au sortir du village de Valorsine commence la vallée de la Tête-Noire, ainsi nommée à cause de l'épaisseur des forêts, de la couleur noirâtre du roc dans plusieurs endroits, et de la profondeur du précipice au fond duquel va couler la rivière appelée l'Eau-Noire."

(Extrait de Promenades philosophiques et religieuses aux environs du Mont Blanc, par C.E.F. Moulinié, pasteur de l'église de Genève, 1820). Nous devons ce texte à l'obligeance de M. Boissonnas.

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Marie-Longine Claret, épouse Devillaz

26 Juillet 2005 , Rédigé par D'après sa petite fille Marcelle Publié dans #Personnages Vallorcins

Marie-Longine Claret
épouse Devillaz

Marie Claret est née sans doute à Barberine, dans une maison maintenant détruite, sise au-dessus de celle de Camille Ancey, le 15 mars 1856. Elle était la fille de Virginie Claret, née en 1829, et la soeur d'Alexandre Claret, père de Léon qui devint plus tard le propriétaire de l'Hôtel Savoisien à Chamonix, et de Nicolas dit Edouard, qui alla s'installer en Algérie où il fit souche.

Elle épousa le 7 avril 1881 Joseph Devillaz, dit "le petit sergent", bien qu'il n'ait jamais pour sa part effectué de service militaire (il bénéficia au tirage au sort d'une exemption pour future paternité). Le surnom lui venait de son père Joseph, dit pour sa part le Sergent pour avoir effectivement porté ces galons.

Avant son mariage, elle alla travailler comme bonne à tout faire, en particulier dans les hôtels. C'est ainsi qu'elle se rendit, à pied en passant par les cols du Salenton et d'Anterne (une douzaine d'heures), à Sixt et même à Samoens. Elle portait alors sur son dos une petite caisse en arolle contenant ses affaires personnelles. Dans une autre place, à l'hôtel du Châtelard près de Servoz, elle se fit traiter de voleuse, racontait-elle, simplement pour avoir mangé un restant de pommes de terre cuites de la veille.

Elle finit par accumuler trois mille francs d'économies qu'elle apporta en dot lors de son mariage le 7 avril 1881. Cela lui permit de prendre ses beaux-parents en viager dans la maison de Barberine où elle passa ensuite toute sa vie. Cette maison a depuis été nommée la Marie-Joseph en l'honneur des grands-parents par la famille Henri Mugnier.

De ce mariage naquirent onze enfants, tous mâles sauf l'aînée, mort-née. Sur les dix garçons il y eut deux fois des jumeaux dont l'un mourut en bas âge, et sur les huit vivants, sept furent mobilisés à la guerre. Edouard disparut le 13 octobre 1914 à Ecuries dans le Pas-de-Calais. Toute sa vie, sa mère continua d'espérer son retour.

Parmi ses activités, il y avait le jardinage où elle était une vraie pro. On l'appelait "la mam du courti" et les cousins du Plan-Droit venaient chercher chez elle des plantons.

Dans l'armoire de la maison se trouvait, soigneusement pliée, une tunique blanche qu'elle avait elle-même tissée en toile de lin. "C'est l'habit des filles de Marie", disait-elle à sa petite fille, "il faudra me la mettre quand je partirai, avec la croix de bois." C'est ce qu'on a fait au mois d'avril 1938.

Le 15 août de la même année, son mari la rejoignit. Un an plus tard mourait son voisin Séraphin Ancey et avec eux une grande part du vieux village de Barberine.

D'après les souvenirs de sa petite-fille Marcelle,
épouse Mugnier, du vieux Servoz.

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