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LA MAISON DE BARBERINE

Cyrille Ancey

25 Juillet 2005 , Rédigé par Michel ? Publié dans #Personnages Vallorcins

Cyrille Ancey est le dernier habitant permanent de la vieille maison des "Colas" devenue depuis 1987 "la maison de Barberine, musée vallorcin".

Il y naquit le 27 novembre 1871. Son père Jean-Baptiste, fils aîné de Nicolas Ancey, et sa mère Claudine Berguerand, s'étaient mariés le 4 mai 1859, l'année précédant l'annexion. Cyrille fut le septième de leurs onze enfants.

Son livret militaire où figurent ses deux professions de forgeron et de propriétaire cultivateur nous indique qu'il fut incorporé au 22e Bataillon de chasseurs à pied d'Annecy de 1892 à 1895. On l'initie à l'escrime et à la gymnastique, mais il ne sait pas nager.

De retour au pays, il épouse en 1906 une "étrangère", une Valaisanne, Emilie Germanier. Elle lui donne trois filles et deux garçons.

Dès le 2 août 1914, il est mobilisé au 1er bataillon territorial, toujours à Annecy. Après un séjour d'un mois à l'hôpital de Vendôme en 1915 pour un hygroma du genou, il passe au dépôt du 1er BTCA d'Annecy, puis à celui du 17e RI de Lyon en 1917. Il n'est démobilisé qu'à la fin décembre 1918. Compte tenu de trois périodes effectuées entre 1898 et 1906, il sera donc resté à l'armée sept ans et demi entre sa vingt et unième et sa trente-septième année.

En 1921, sa femme quitte le domicile conjugal, le laissant seul avec cinq enfants âgés de 21 mois à 13 ans. Il doit travailler dur pour faire vivre seul sa famille. Il exerce ce qu'on appelle maintenant une double activité: ouvrier forgeron sur la ligne du Châtelard et agriculteur sur ses terres de Barberine, qu'il a rachetées en partie à ses frères et soeurs. Il ne possède qu'une vache, un cochon, des chèvres et des poules -- et à partir de 1944 des chèvres seulement, avec un bouc magnifique et efficace.

Il fait souvent la saison d'alpage à Loriaz comme berger, puis comme "fruitier" (fromager). L'âge venu, cela lui fut pénible. Il ne fit sa dernière "montagne" en 1944, à 73 ans, que parce que son fils Marcel, séracier (préposé à la fabrication du sérac) l'accompagnait et pouvait l'aider à soulever la tseudire (grande cuve à fromage).

En plus de son courage au travail, il était simple et sobre. Sa seule sortie consistait à monter à Vallorcine le dimanche après-midi pour y retrouver devant la mairie ses copains, en particulier Jules Ancey, dit Jules de la Poste. Discutant des nouvelles, il descendait avec lui au Bon Repos chez ses neveux Aimé Ancey (dit Charlot) et Lucette. Après avoir acheté du tabac pour sa pipe, Cyrille revenait à pied jusqu'à Barberine, toujours content de s'être fait ces petits plaisirs.

En 1949, il dut faire un court séjour à Chamonix chez sa fille Rosa Farini, pour y soigner une mauvaise grippe. Il y mourut sans bruit comme il avait vécu. Il fut enterré au cimetière de Chamonix le 20 mars 1949.

Ci-contre: devant la chavanne, la dernière "montagne" de Cyrille Ancey en 1944 (photographie donnée par Mme Philippon Ancey, belle-fille de Cyrille). De gauche à droite: Armand Mermoud (bovéron), Marcel Ancey (fils de Cyrille, séracier, mort en 1971), Cyrille (fruitier), Antoine Burnet (petit berger), Maurice Burnet (second berger, décédé), Armand Berguerand (maître berger).

En page 4, Barberine vu du Pontet (la maison de Cyrille, musée vallorcin, est la première à gauche du chemin).

En page 5, la poutre de l'ancien pêle de la maison de Cyrille, avec la date de 1705 et les initiales N.A. de Nicolas Ancey, le contemporain de la mappe (photo Lionel Ancey).

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