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LA MAISON DE BARBERINE

Cyrille Ancey

25 Juillet 2005 , Rédigé par Michel ? Publié dans #Personnages Vallorcins

Cyrille Ancey est le dernier habitant permanent de la vieille maison des "Colas" devenue depuis 1987 "la maison de Barberine, musée vallorcin".

Il y naquit le 27 novembre 1871. Son père Jean-Baptiste, fils aîné de Nicolas Ancey, et sa mère Claudine Berguerand, s'étaient mariés le 4 mai 1859, l'année précédant l'annexion. Cyrille fut le septième de leurs onze enfants.

Son livret militaire où figurent ses deux professions de forgeron et de propriétaire cultivateur nous indique qu'il fut incorporé au 22e Bataillon de chasseurs à pied d'Annecy de 1892 à 1895. On l'initie à l'escrime et à la gymnastique, mais il ne sait pas nager.

De retour au pays, il épouse en 1906 une "étrangère", une Valaisanne, Emilie Germanier. Elle lui donne trois filles et deux garçons.

Dès le 2 août 1914, il est mobilisé au 1er bataillon territorial, toujours à Annecy. Après un séjour d'un mois à l'hôpital de Vendôme en 1915 pour un hygroma du genou, il passe au dépôt du 1er BTCA d'Annecy, puis à celui du 17e RI de Lyon en 1917. Il n'est démobilisé qu'à la fin décembre 1918. Compte tenu de trois périodes effectuées entre 1898 et 1906, il sera donc resté à l'armée sept ans et demi entre sa vingt et unième et sa trente-septième année.

En 1921, sa femme quitte le domicile conjugal, le laissant seul avec cinq enfants âgés de 21 mois à 13 ans. Il doit travailler dur pour faire vivre seul sa famille. Il exerce ce qu'on appelle maintenant une double activité: ouvrier forgeron sur la ligne du Châtelard et agriculteur sur ses terres de Barberine, qu'il a rachetées en partie à ses frères et soeurs. Il ne possède qu'une vache, un cochon, des chèvres et des poules -- et à partir de 1944 des chèvres seulement, avec un bouc magnifique et efficace.

Il fait souvent la saison d'alpage à Loriaz comme berger, puis comme "fruitier" (fromager). L'âge venu, cela lui fut pénible. Il ne fit sa dernière "montagne" en 1944, à 73 ans, que parce que son fils Marcel, séracier (préposé à la fabrication du sérac) l'accompagnait et pouvait l'aider à soulever la tseudire (grande cuve à fromage).

En plus de son courage au travail, il était simple et sobre. Sa seule sortie consistait à monter à Vallorcine le dimanche après-midi pour y retrouver devant la mairie ses copains, en particulier Jules Ancey, dit Jules de la Poste. Discutant des nouvelles, il descendait avec lui au Bon Repos chez ses neveux Aimé Ancey (dit Charlot) et Lucette. Après avoir acheté du tabac pour sa pipe, Cyrille revenait à pied jusqu'à Barberine, toujours content de s'être fait ces petits plaisirs.

En 1949, il dut faire un court séjour à Chamonix chez sa fille Rosa Farini, pour y soigner une mauvaise grippe. Il y mourut sans bruit comme il avait vécu. Il fut enterré au cimetière de Chamonix le 20 mars 1949.

Ci-contre: devant la chavanne, la dernière "montagne" de Cyrille Ancey en 1944 (photographie donnée par Mme Philippon Ancey, belle-fille de Cyrille). De gauche à droite: Armand Mermoud (bovéron), Marcel Ancey (fils de Cyrille, séracier, mort en 1971), Cyrille (fruitier), Antoine Burnet (petit berger), Maurice Burnet (second berger, décédé), Armand Berguerand (maître berger).

En page 4, Barberine vu du Pontet (la maison de Cyrille, musée vallorcin, est la première à gauche du chemin).

En page 5, la poutre de l'ancien pêle de la maison de Cyrille, avec la date de 1705 et les initiales N.A. de Nicolas Ancey, le contemporain de la mappe (photo Lionel Ancey).

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Un témoin de la Révolution,

25 Juillet 2005 , Rédigé par Marc Burnet, Françoise et Charles Gardelle Publié dans #Personnages Vallorcins

Vincent Burnet est né à Vallorcine le 11 octobre 1756 et selon la coutume il fut baptisé le même jour par le curé Cruz. Il se marie vingt et un ans plus tard avec Marie-Josephte, fille de Joseph Bozon du Bettet, auteur du journal qui servira de base au livre de madame Levi-Pinard sur Vallorcine au XVIIIe siècle. En tenant son journal, le gendre va suivre l'exemple de son beau-père (1), ce qui n'est pas rare dans la vallée: l'instituteur Semblanet, Sourzériard comme Vincent, en offre un autre exemple.

Vincent semble n'avoir jamais quitté son village ni pratiqué l'émigration saisonnière. Sans doute était-il assez à l'aise pour pouvoir l'éviter: il a plusieurs vaches et sa réserve de gruyère.

Il habite non loin de la cure où se réunit le conseil dont il fait souvent partie, bien que la tâche lui pèse. Cette fonction, et sa répugnance à parler de lui-même ou de sa famille, feront de son journal une histoire de Vallorcine, voulue comme telle, et qui va de la fondation de la communauté au XIIIe siècle, jusqu'à l'époque qu'il a vécue et qu'il relate, de 1770 à 1818 (il meurt le 26 juin 1823).

Il accorde beaucoup d'importance au climat, facteur essentiel pour le paysan, alpin surtout. Il note les avalanches, les printemps tardifs entraînant mauvaises récoltes et disettes. L'alpage de Loriaz tient une bonne place: le vol du chaudron de cuivre, l'annexion de l'alpage de la cure, les montées tardives, la neige d'août entraînant la corvée de foin, la désalpe précipitée.

Le journal est surtout un précieux témoignage sur une époque politique capitale. Les Vallorcins sont informés par Martigny où ils vont au marché le lundi et où ils cultivent leur vigne. En cette année du bicentenaire, il faut se rappeler que la Savoie en 1789 n'est pas française, mais "sarde". Cependant les nouvelles parviennent assez vite: d'abord la Grande Peur ("Il ne se parle que de brigandage de tous cotez") (2), ensuite le 14 juillet, à propos duquel, sans mentionner la prise de la Bastille, Vincent écrit: "Ils ont commencé une révolte populaire dans toute la France, c'est bien extraordinaire". En revanche il ne dit rien de la suppression des droits féodaux, et pour cause; en 1786, la vallée les avait rachetés: "Vallorcine a payé 600 livres et on na payé en deux fois".

En septembre 1792, la Savoie est envahie et rattachée à la France. Vincent décrit les nouvelles institutions. Surtout il évoque le passage des émigrés. "On na couché icit au Sizeray quarante prêtres le 25 septembre (...) Il est étonnant, il y apacé depuit le 24 du dit mois (février 1793) des prêtres de dix à vingt par jour." D'abord ses sentiments ne font que transparaître: "Toute la paroisse estois apellé au Chamouni pour un conseiller général et par bonneur qu'il est venu une grosse lavanche par les Montets."

La persécution religieuse le choque profondément: "C'est triste monsieur le curé est resfugié en Valais (en réalité très près de là, aux Jeurs) et on n'antand plus la cloche." L'opposition à la Révolution croît avec la levée des conscrits que les Vallorcins refusent. Les soldats français occupent la vallée et les conseillers doivent les accompagner dans leur recherche des réfractaires: "A quelle triste promenade." Mais quand de jeunes Vallorcins rejoignent les troupes sardes qui tentent de recouvrer la Savoie, Vincent, bien qu'anti-français, blâme leur imprudence.

Vers la fin de la période révolutionnaire, l'auteur note les mouvements de troupes à Martigny, le pillage du Valais par les Français en 1798, le retour des Autrichiens, le passage du Grand Saint-Bernard par Bonaparte. Puis commence la partie du journal consacrée à l'Empire, et à la Restauration sarde que nous évoquerons dans un numéro ultérieur.

Si Vincent parle peu de lui-même, les traits de sa personnalité transparaissent: prudence, foi religieuse, solidité du jugement, curiosité à l'égard des informations venant du monde extérieur. Témoin de quatre régimes différents et de deux occupations militaires, il nous fait connaître les souffrances que les Vallorcins de son temps ont surmontées grâce à leur patience et à leur solidarité.

Marc Burnet, Françoise et Charles Gardelle

(1) Ce journal de 80 pages était déposé au presbytère, et un double photocopié avait été remis aux Archives. L'un et l'autre sont égarés.

(2) Orthographe du manuscrit respectée.

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Bonaventure Burnet, mon grand-père

25 Juillet 2005 , Rédigé par Marc Burnet Publié dans #Personnages Vallorcins

Le 13 juillet 1860 naissait Joseph Bonaventure Burnet, fils de Joseph-Marie et de Philomène Charlet. Il fut baptisé le 14, et du fait du récent rattachement de la Savoie à la France, ce fut le premier baptisé français de Vallorcine.

Le 28 août 1870, sa mère Philomène décédait brusquement, le laissant avec sa soeur Geneviève à la garde de leur père. Sa jeunesse ne fut pas rose; il me disait qu'étant enfant, s'il y avait des mouches dans sa soupe, il ne les enlevait pas: cela lui apportait un supplément.

Il fut certainement dans les derniers à "aller berger" en Tarentaise, à la Plagne de Macot par les cols de Voza et du Bonhomme.

Avant de partir pour le régiment, il construisit avec son père la grange à blé et le moulin à vent qu'on peut voir sur la photo de la page 5.

Après tirage au sort, il partit le 10 novembre 1880 pour le 2e régiment d'artillerie de Grenoble et fut démobilisé le 20 février 1885. A son départ le train ne dépassait pas Annecy. A son retour, il allait jusqu'à la Roche.

Atteint par la limite d'âge, mon grand-père ne fut pas mobilisé en 1914-1918.

Le 17 février 1886, il épousa Julie Mermoud, du Plane Envers. Ce fut un très bon parti, tout d'abord une excellente cuisinière, mais qui apportait aussi beaucoup de terres cultivables, des vignes à Martigny et de l'argent, d'où l'achat de deux vaches supplémentaires.

Jeune marié, Bonaventure fut très dur pour son épouse, nécessité faisant loi: en plus de son travail ménager, elle dut lui apporter les pierres sur l'échafaudage lors de la transformation de leur maison et de la construction d'un grenier. Le transport s'effectuait avec un "oiseau", sorte de hotte sans bretelles que l'on tenait avec les deux mains. Ma grand-mère fut cependant gâtée: elle possédait, chose rare, l'eau courante sur l'évier de sa cuisine, creusé dans un bloc de granit (lequel, lors de la pose, lui écrasa les doigts).

Le 18 juillet 1887 naissait leur premier enfant Camille (mon père), le 30 janvier 1889 le deuxième, Alfred. Le 13 juillet 1893 fut à la fois jour de joie et de deuil: naissance de la première fille Marthe, mais aussi, malheureusement, noyade accidentelle d'Alfred dans le bassin de la maison.

Le 10 novembre 1908, mon grand-père voit mourir son propre père Joseph-Marie.

Le travail de la terre, la garde et la traite des vaches, constituaient son activité principale. Mais, très habile de ses mains, il construisait aussi à la forge ou à la menuiserie ses propres outils, dont beaucoup existent encore. Il faisait des roues, des seilles, etc. L'été, il partait quelquefois plusieurs semaines pour construire des pêles, en Suisse ou ailleurs.

Il avait fabriqué un fusil à plombs, calibre 14, à broche. Ce fusil fut réquisitionné lors de la deuxième guerre mondiale et n'a pas été rendu. A ses temps libres, mon grand-père aimait "la braconne": chasse aux chamois (cf. photo page 5), marmottes, coqs de bruyère, et aussi le déterrage des marmottes (intéressantes avant tout pour leur graisse).

Devenu vieux, il aimait regarder à la longue-vue les allées et venues du gibier dans la montagne et signalait à ses fils et petits-fils leur présence et leurs mouvements.

Aux environs de 1920-1925, un très grave accident de bûcheronnage l'immobilisa plusieurs mois: un mélèze, en glissant, lui passa sur le corps, lui cassant toutes les côtes du même côté. Il en réchappa et, lorsque j'étais enfant, il me montrait son thorax: cela ressemblait aux doigts qui dépassent lorsqu'on se croise les mains.

C'était un homme très honnête, très droit, très réaliste aussi. Un jour, une personne lui demanda comment il allait. "Je vais très bien", répondit-il, et il ajouta: "Je vais à grands pas. -- Où allez-vous à grands pas? -- Je vais à la mort."

Son épouse Julie le quitta le 27 janvier 1940. Un jour où il fendait du bois, se sentant certainement sur sa fin, il demanda à sa petite-fille d'aller chercher le prêtre pour se confesser. Il décéda le 14 décembre 1948, à 88 ans. Sa mort fut comme sa vie: sans bruit.

Pour sa sépulture, il fut porté à dos d'homme sur le chemin de son baptême: la vieille route, le verglas rendant la nationale impraticable.

Marc Burnet

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Tête Noire

25 Juillet 2005 , Rédigé par Charles et Françoise Gardelle Publié dans #Histoire de Vallorcine

Les Vallorcins au début du XIXe siècle sont en relation avec le monde extérieur essentiellement par Martigny. Ils accomplissent là leurs transactions commerciales, notamment le lundi, jour du marché. Ils vendent les seilles et le drap fabriqués à la maison pendant l'hiver et, à la foire d'automne, le bétail engraissé sur les alpages. Ils achètent le complément de céréales qu'ils ne peuvent produire, le porcelet qu'ils engraisseront, le jeune bétail qu'ils inalperont.

Ils possèdent aussi des vignes sur le versant du col de la Forclaz dominant Martigny. Pour travailler leurs terres et faire leur vin ils vivent, quelques semaines par an, dans leurs mazots regroupés en trois hameaux: Plan-Cerisier, Le Perray et les Ecotins. Les mazots ont une cave en pierre, enterrée à l'amont, surmontée d'une chambre en bois.

Ils vont aussi à Martigny ou dans ses environs pour trouver une embauche saisonnière, au printemps dans les vignes, à l'automne pour vendanger et peigner le chanvre. Certains s'y installent à demeure comme domestiques ou artisans: tailleur, tonnelier. Parfois ils s'y marient. Les nouvelles du monde extérieur montent de là vers Vallorcine.

Les Vallorcins se rendent donc fréquemment à Martigny. Ils ne peuvent alors utiliser qu'un chemin muletier longeant les gorges de Trient et remontant ensuite le col de la Forclaz. La hotte sur l'épaule, lourdement chargés, ils mettent seulement quatre ou cinq heures pour effectuer le trajet. Pourtant le chemin est difficile, car il doit passer une barre rocheuse dans le quartier de Tête Noire.

Les voyageurs de la fin du XVIIIe siècle devaient redouter ce mauvais passage, le Maupas, comme le raconte De Saussure (1) en 1786: "En partant de Trient, on commence à monter une pente couverte de débris feuilletés. On ne trouve de roche en place qu'un peu avant l'arrivée des roches escarpées, à un endroit appelé Maupas. Le mot veut dire le mauvais pas. Il faut monter là des espèces de marches naturelles hautes et étroites au bord du précipice. Les mulets y passent sans aucun danger. Les voyageurs feront bien cependant de mettre pied à terre."

Bourrit (2), en 1792, dramatise l'exode des émigrés fuyant la révolution française. Il les voit passer avec "des mulets ayant de chaque côté des paniers où étaient des jeunes personnes que l'on avait couvertes d'un voile pour leur ôter la vue des précipices et des horreurs de cette route, tandis que leur mère la parcourait à pied en chancelant à chaque pas, les mains élevées vers le ciel pour lui demander sa protection".

Les Vallorcins, eux, ne sont pas effrayés par le Maupas. Leur syndic, en 1804, indique seulement que du côté de Martigny "les chemins sont impraticables et les voitures par là même, absolument étrangères". Mais par temps de neige, c'est-à-dire pratiquement tout l'hiver où le Maupas ne voit pas le soleil, le passage est périlleux, même pour des montagnards. Un autre syndic en 1839 précise que "le mauvais temps qui n'avait pas cessé depuis le 2 avril rendait le passage de la Forclaz et de la Tête Noire, je ne dis pas impraticable, mais dangereux."

Ce chemin muletier est-il encore visible aujourd'hui? Lorsqu'on va de Vallorcine à Martigny par la route actuelle, à l'entrée du tunnel, on croise un sentier balisé montant de Troulero aux Ieurs. De là on reconnaît encore vers Tête Noire un chemin escarpé descendant en lacets en dessous de la petite route actuelle des Ieurs. Sur l'ancien cadastre de Trient ce passage s'appelle le Pas de l'âne. Le terme de Maupas n'est pas mentionné. Est-ce le vieux chemin? Nos lecteurs pourront peut-être apporter une réponse.

Vers le milieu du XIXe siècle les touristes, de plus en plus nombreux, circulent entre Chamonix et Martigny. Mais leurs déplacements sont gênés par le Maupas qui ne peut se franchir qu'à pied ou à mulet. Un autre itinéraire passait par le col de Balme d'où l'on découvrait un magnifique panorama. Mais il ne pouvait se faire qu'après la fonte de la neige et toujours à pied ou à mulet.

Aussi, en 1840, les Valaisans construisent une véritable route et suppriment le Maupas en creusant, au sud de Tête Noire, un petit tunnel, abandonné aujourd'hui mais encore visible. Les outils des mineurs sont appointés à Vallorcine, dans la forge Claret du Mollard. On peut actuellement marcher sur un tronçon de cette première route, au-dessus de Troulero.

Le passage des voitures à cheval favorise le tourisme. Des hôtels se construisent au Chatelard, à Tête Noire, à Trient, au col de la Forclaz. L'hôtel de Tête Noire est alors une bâtisse imposante, dans le même style que celui du Montenvers. Il a été lithographié par le célèbre alpiniste Whymper, partant de Chamonix pour le Cervin en 1865. Les Vallorcins d'un certain âge et les vieux habitués de Vallorcine ont pu encore le voir.

Les hôteliers aménagent le site, édifient un belvédère qui permet de mieux contempler la petite vallée de Trient, et tracent un sentier pour descendre dans les gorges au confluent du Trient et de l'Eau Noire. Des escaliers de bois permettent de franchir les passages les plus scabreux et des passerelles facilitent la circulation dans les gorges. On paye un franc pour les emprunter.

Les escaliers ont été, pour la dernière fois, remis à neuf en 1932. On peut s'y aventurer aujourd'hui, mais avec une extrême prudence car ils sont vermoulus et en partie effondrés. Il est préférable d'atteindre le confluent des deux torrents par un sentier partant de Finhaut ou par celui de Troulero.

L'hôtel de Tête Noire souffrit de l'ouverture de la voie ferrée en 1908. La petite route fut délaissée par les touristes. Après la deuxième guerre l'hôtel est fermé. Une boucherie vivote au rez-de-chaussée.

L'hôtel fut détruit peu après 1955 pour permettre la construction de la large route que nous empruntons aujourd'hui. Les touristes passent rapidement, très peu s'arrêtent quelques minutes. Ils ne peuvent plus éprouver les frissons de leurs devanciers. Le Maupas n'existe plus. Tête Noire n'est plus qu'une pancarte plantée là pour indiquer l'arrêt des cars postaux. Les relations des Vallorcins s'établissent de préférence, aujourd'hui, du côté de Chamonix.

Charles et Françoise Gardelle
(auteurs du livre Vallorcine, histoire d'une vallée, éd. Textel, 1988; distributeur: Didier-Richard, Grenoble).

(1) Savant genevois qui réussit la deuxième expédition au Mont-Blanc.

(2) Egalement Genevois, il fréquenta le Buet, d'où le lieu-dit la Table au Chantre.

Dans les deux pages suivantes, deux gravures de William Bartlett, artiste anglais de la période romantique (1809-1854) concernant l'itinéraire de la Tête Noire.

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La Mappe de 1730

25 Juillet 2005 , Rédigé par ? Publié dans #Histoire de Vallorcine

Bien avant la réalisation d'un véritable cadastre en France, le roi de Piémont Charles-Emmanuel III décide de faire établir un relevé géométrique complet des propriétés de ses divers Etats. Vers 1730, l'ensemble de la Savoie est donc l'objet d'une étude systématique. Le prince veut appuyer sa fiscalité (la taille) sur des bases sûres et équitables.

Il faut conduire ces travaux de façon rigoureuse. On envoie donc dans des groupes de paroisses, comme le Prieuré, une équipe de trois spécialistes venus de l'autre côté des Alpes. Ils sont logés chez l'habitant, mais ils paient vingt sols par jour les porteurs de piquets, les traîneurs de chaînes d'arpenteur, les "indicateurs" et les "estimateurs" chargés de les aider à repérer les parcelles et à en évaluer le "degré de bonté".

Des cartes minutieuses sont établies par secteurs. On les juxtaposera ensuite dans un ensemble nommé mappe où toutes les parcelles seront numérotées (il y en aura 7192 pour tout Vallorcine) avec registres correspondants, et un double pour Turin. Rousseau raconte dans les Confessions (l. 4) qu'il y a travaillé pendant huit mois. Les documents relatifs à la mappe sont ensuite remis pendant quinze jours aux paroisses, en vue d'observations et de corrections.

Cette mappe est une sorte de papier collé sur une toile elle-même enroulée. Les deux exemplaires ont souffert du temps (déchirures, certains numéros peu lisibles, etc.). L'échelle étant au 1/2372e, la mappe a une longueur d'environ 4 m, une largeur de 3 m, mais seule la partie centrale est dessinée, puisque les biens paroissiaux ne sont pas divisés en parcelles. Mais, à Vallorcine, si ces dernières sont parfois minuscules, d'autres assez grandes, aucune n'est démesurée.

Le relief n'est pas indiqué, mais on voit bien cours d'eau et chemins (par exemple, la route qui va du Sizeray en Suisse passe devant l'église et le moulin Semblanet, mais évite le Molard et Barberine). L'ensemble est une oeuvre d'art: chaque parcelle bâtie ou non est représentée par des couleurs (du rose pour les maisons à un bleu-vert pour un marais), mais surtout par des dessins schématisés selon la nature du terrain: champs, teppes, forêts.

La mappe est assortie de deux types de documents. Tout d'abord les "numéros suivis", suite des nombres inscrits sur la mappe et permettant de trouver le nom des propriétaires (et aussi le lieu-dit ou "mas", etc.). Les auteurs de la mappe n'ont pas suivi un ordre rigoureux. Ils sont allés du bas vers le haut de la vallée et l'ont découpée en bandes (par exemple, les 204 premiers numéros de Barberine au pied du Sizeray sur la rive droite de l'Eau Noire), mais ces bandes sont disposées curieusement: on traverse d'une rive à l'autre ou on redescend la vallée après l'avoir remontée jusqu'à un certain point fixé sans raison apparente; ainsi un 1992 voisine avec un 6939 du côté des Montets. On peut imaginer que ces tranches ont correspondu à des journées de travail. On peut aussi penser que les indicateurs n'étaient pas les mêmes d'un village à l'autre, d'où des problèmes de coordination.

Quant aux tabelles, elles récapitulent pour le fisc l'ensemble des propriétés. On y trouve donc la liste alphabétique des propriétaires vallorcins (tous paysans y compris le curé), même ceux qui ne sont pas chefs de famille, et parmi eux un certain nombre de femmes (veuves en général). L'ensemble des bâtis et terrains possédés par un individu s'y trouvent récapitulés dans l'ordre des numéros: à la moindre parcelle correspond l'indication de la nature du terrain, de ses dimensions en mesures savoyardes et piémontaises et de sa valeur fiscale (ou bonté).

On peut donc y voir facilement quel était le plus riche Sourzeriard ou le plus pauvre Barberin, combien chacun avait de granges ou de greniers en plus de sa maison, quelles industries existaient déjà dans la vallée (par exemple les deux moulins à bois et à grain, le battoir et le foulon installés sur l'île de l'Eau Noire au pied du Molard). Chaque famille peut remonter avec de bonnes chances de ne pas se tromper jusqu'à ces documents pour savoir qui habitait sa maison au début du XVIIIe siècle. On y peut faire aussi des découvertes, comme cette chapelle du Saint-Esprit construite dans l'angle de la Tourne derrière l'ancienne église, ou cet ensemble de maisons dominant Barberine non loin du Ran.

Comme on le voit, une entreprise du pouvoir royal piémontais, plus de cinquante ans avant la première annexion de la Savoie par la Révolution, aboutit à donner aux Vallorcins le moyen d'avoir une meilleure connaissance de leur passé, une raison supplémentaire de s'y intéresser et, comme le montrent les documents reproduits dans ce n° 2 d'E v'lya, de quoi alimenter la curiosité ou les recherches érudites.

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La première auberge de Vallorcine

25 Juillet 2005 , Rédigé par Françoise et Charles Gardelle Publié dans #Histoire de Vallorcine

Une des gravures représentant la première auberge de notre petite vallée vient d'être acquise par le musée. Voici l'occasion de s'interroger sur les débuts du tourisme à Vallorcine. Il est impulsé par le voisinage de Chamonix, car Vallorcine est une des deux voies d'accès savoyardes vers le pays du Mont-Blanc.

Le tourisme commence au début du 18e siècle, époque où le public cultivé d'origine bourgeoise ou aristocratique s'éprend de la nature. Rousseau a été le chantre le plus célèbre de cette tendance. Les premiers arrivants connus furent les Anglais avec Windham et Pococke, montés à Chamonix durant l'été 1741. Par la suite, la clientèle resta longtemps britannique, mais pas seulement. Les Genevois tout proches accourent, notamment Bourrit et de Saussure. Bourrit est le premier à nous signaler avoir couché à Vallorcine, car la plupart des voyageurs s'efforcent d'accomplir d'une seule traite le parcours Martigny-Chamonix. On préfère généralement passer par le col de Balme plutôt que par notre vallée.

Bourrit a été hébergé par un Coutériard (habitant du Couteray). Les Coutériards sont les plus proches du sommet convoité: le Buet. Comment a-t-il été nourri et logé par l'habitant? Par d'autres voyageurs, nous savons que le vin monté de Martigny est toujours offert, ainsi que le riz au lait qui est pour le Vallorcin le plat des jours de fête ou des relevailles de la jeune accouchée. L'usage du riz s'explique par l'appartenance de la Savoie au royaume de Piémont, pays producteur. Il est à peu près certain que l'on cède au voyageur aisé le chambron ou le pêle afin qu'il y passe la nuit. Si Bourrit avait couché dans le foin, il nous l'aurait écrit.

Mais en pays catholique, il est une tradition bien connue: à défaut d'hôtel, le voyageur frappe à la cure. Ainsi furent logés au Breuil (Val d'Aoste) les premiers alpinistes qui tentèrent le Cervin. Il en est de même à Vallorcine où les touristes les plus nombreux au presbytère furent les officiers espagnols (janvier 1743-janvier 1749), puis français sous la Terreur (1793-1794) et à nouveau lors de la défaite napoléonienne (décembre 1813). Les officiers révolutionnaires furent de véritables pillards qui brisèrent le fourneau de pierre; les officiers de Napoléon, eux, payèrent.

Après 1815, le retour à la paix permet un certain essor du tourisme. Mais l'absence d'un véritable chemin en Valais entre la frontière et Trient limite le passage par Vallorcine et fait préférer, après la fonte des neiges, l'itinéraire moins dangereux de Balme.

Aussi il n'est pas encore question de bâtir un hôtel. Les Semblanet, une des familles les plus entreprenantes, se contentent d'ouvrir une première auberge dans leur maison. Ils ont bâti une forge au bord du torrent et exercent déjà le commerce avec des mulets (les seuls de Vallorcine). Leur demeure du Siseray est particulièrement bien placée, au bord de la route; les voyageurs venus du Valais viennent de grimper la rude côte montant de la frontière à l'église.

A coup sûr, l'auberge Semblanet fonctionne en 1821 lors du passage d'Ebel. En 1832, "les étrangers" y sont reçus fort amicalement, mais il leur faut se contenter de riz, de laitage et d'une sorte de gâteau. S'il est nécessaire de coucher, il faut demander l'hospitalité à la cure.

Le premier hôtel ne sera construit qu'en 1852 à Barberine (voir photo p. 13) par la commune, grâce à une "manoeuvre" de tous les habitants. Il périclitera, rapidement concurrencé par les hôtels de Tête Noire, de Trient, du col de la Forclaz, souvent tenus par les Argenteraux, qui sont déjà en conflit avec les Vallorcins à propos des pâturages. Il faudra attendre l'arrivée du train (1908) pour que Vallorcine possède tout un équipement hôtelier.

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Les écoles de Vallorcine

25 Juillet 2005 , Rédigé par Françoise et Charles Gardelle Publié dans #Histoire de Vallorcine

Le thème de l'instruction a été étudié dans le livre édité en 1988 chez Textel sur Vallorcine (1). Nous y renvoyons le lecteur: ici nous nous bornerons à traiter de la question des locaux.

Des instituteurs recrutés parmi les Vallorcins pratiquent dès le début du XIXe siècle. L'école ne fonctionne que durant les cinq mois d'hiver tant que les enfants ne gardent pas le petit troupeau de la famille. Mais il n'y a pas encore de locaux spécialisés. Les maîtres enseignent dans des maisons particulières au Mollard, au Sizeray, au Morzay. Il est précisé dans le contrat d'embauche que "la chambre pour la classe sera annuellement fournie par le régent". Le régent désigne ici l'instituteur.

Cette solution était peu pratique. Dès 1846, le conseil envisage la construction de véritables locaux scolaires. Le Sizeray installe à ses frais une école dans un bâtiment spécialisé mais trop petit. La commune était pauvre et le conseil délibéra pendant de longues années avant de prendre une décision. Enfin, en 1874, deux écoles neuves accueillirent les enfants au Plan du Sizeray et au Nant. Ainsi nous retrouvons la distinction entre l'aval et l'amont qu'imposait d'ailleurs la géographie.

Ces constructions furent probablement l'une des dernières "manoeuvres" de la vallée. La "manoeuvre" peut se définir comme une tâche collective au service de la communauté. Les Vallorcins en effet fabriquèrent eux-mêmes la chaux nécessaire, taillèrent les ardoises et les charpentes, approvisionnèrent les pierres. Elles ne manquaient pas dans les murgers et la disparition d'un murger permettait par ailleurs de gagner quelques mètres d'herbe et de culture.

Barberine en aval restait isolé, la montée des petits Barberins jusqu'au Sizeray était dangereuse à cause de l'avalanche du Nant du Rang. Mais il aurait été trop coûteux de construire une troisième école. Un des propriétaires du hameau céda temporairement mais gratuitement le local nécessaire. L'administration trouva exagérée l'existence de trois écoles pour 500 à 600 habitants. La ténacité des Vallorcins l'emporta.

Ces premiers locaux étaient bien modestes et assez vite à la fin du 19e siècle, le conseil envisagea d'autres locaux plus vastes et plus confortables. A nouveau on délibéra longuement. Les plans d'architectes furent approuvés dès 1893 mais l'argent manquait.

La IIIe République veillait. A cette époque de conflit entre monarchistes et républicains, les Vallorcins n'avaient aucune raison d'être monarchistes; anciens Sardes, la maison de France ne représentait rien pour eux. Très vite, dans les isoloirs, l'électeur se prononça pour la République, anticléricale à l'époque. Le même jour la masse des électeurs assistait à la messe. La République reconnaissante accorda aux Vallorcins une subvention de 19 000 F, soit les trois quarts des devis.

Cette fois, il n'y eut plus de manoeuvre, les travaux furent accomplis totalement par les entrepreneurs. Ainsi à la rentrée scolaire d'octobre 1902 s'ouvrirent les deux écoles utilisées encore aujourd'hui au Plan et au Nant. C'est là que les écoliers photographiés en 1910 (cf. p. 10) apprirent à lire, écrire et compter.

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Le métier de garde barrière

25 Juillet 2005 , Rédigé par Patrick Publié dans #Métiers Vallorcins

Le métier de garde-barrière

Cet article, qui accompagne la brève biographie de Léa Ancey, sert aussi de complément au cahier central d'E v'lya n° 8 (p. 10) relatif aux poseurs. Les deux emplois, en effet, étaient très souvent liés, surtout au début: la garde des barrières était normalement réservée aux femmes des poseurs. Par là même, de nombreuses Vallorcinnes en furent chargées (et pas seulement dans la vallée). C'est ainsi que Lucie, la femme d'Alcide Berguerand, tint la barrière du Plan d'Envers de l'arrivée de la ligne à Vallorcine en 1908 jusqu'à sa retraite en 1932. Lucienne, sa fille, qui l'avait aidée dès son enfance, lui succéda alors: elle venait d'épouser Joseph Bellin, un poseur de la Joux, à Argentière, qui dirigea la brigade après son beau-père Alcide. Titulaire du poste jusqu'en 1946, Lucienne Bellin tomba malade, quitta le métier, et d'ailleurs la vallée, pour suivre son mari en poste à Annemasse. De 1946 à 1959, c'est sa belle-soeur Cécile Berguerand qui lui succéda avec le grade de garde-barrière auxiliaire, du fait de son handicap dû à l'accident du 4 juillet 1910 (que nous avons relaté dans le n° 8, à la page 8). La barrière fut ensuite tenue par Odette, femme de Raymond Berguerand.

Outre Léa Bozon, femme de Marius Ancey, d'autres dames originaires de la commune ou épouses d'un Vallorcin occupèrent d'autres postes sur la ligne. Certaines étaient titulaires, comme Alice Désailloud, femme de Camille Mermoud (qui a depuis racheté la maison de la garde-barrière des Praz où elle habite). D'autres étaient remplaçantes, comme Simone Dunand, épouse de Louis Claret. Notons que des poseurs eux-mêmes pouvaient effectuer des remplacements; ce fut le cas de Jean-Paul Claret au Plan d'Envers.

Du Fayet à Vallorcine, on comptait treize emplacements de barrière, et donc treize emplois, eux-mêmes répartis en trois catégories correspondant à des salaires plus ou moins élevés en fonction de la difficulté de la tâche, du nombre d'heures de garde à effectuer et des passages à surveiller. Il y avait des barrières aux endroits suivants: aux vieilles cités de l'Abbaye, à la gare de Chedde, sur la route allant du vieux Servoz au Châtelard, au Lac près de la gare de Servoz, des Bossons, de l'Aiguille du Midi (appelée maintenant des Pélerins), une avant, une après la gare de Chamonix, une à la Frasse, celles des gares des Praz, des Tines, de Montroc, et enfin au Plan d'Envers près de la gare de Vallorcine. Par la suite, certaines furent supprimées par des aménagements routiers, comme au Châtelard ou à Chamonix, ou confiées au chef de gare tout proche, comme à Montroc. Les gardes-barrière titulaires étaient astreintes à résidence dans la maison construite à cet effet. Les remplaçantes avaient le droit de se tenir dans la cuisine de cette maison pour accomplir leur tâche. Ces maisons sont toujours en place, mais le métier a disparu en 1982 avec l'automatisation.

L'exercice de la fonction a beaucoup évolué avec le temps. Il était initialement fort pénible. Il fallait être au poste toute la journée, dimanche compris; au début, il est vrai, c'est-à-dire jusqu'à l'hiver 1935-1936 (voir E v'lya n° 3, p. 15)), cela ne durait que six mois de mai à octobre, puis huit d'avril à novembre. Surtout, les femmes, à qui ce travail était réservé, devaient tirer à force de bras une lourde barrière en fonte se déplaçant sur des roulettes à graisser souvent, et particulièrement dures à bouger quand il gelait. Lucienne Bellin a gardé un vif souvenir des efforts qu'elle devait accomplir pour aider sa mère dans cette tâche difficile.

D'ailleurs, dans les premiers temps, la barrière restait normalement fermée: il fallait sortir pour l'ouvrir quand demandaient à passer chars, voitures et troupeaux. La garde devait même faire un comptage sur papier officiel de tous les passages. En revanche, elle n'avait pas à se soucier du portillon pour piétons qui complétait la barrière. Il existait des portillons indépendants comme celui qui se trouve près des lacs des Tines.

Par la suite, on passa à un système beaucoup moins pénible physiquement, et limité à huit heures par jour. A l'aide d'un treuil actionné par une manivelle située dans une guérite proche, on relevait ou on abaissait les barrières en fonction du passage des trains. Cependant, certains passages à niveau, comme aux Bossons, continuèrent de n'être ouverts qu'à la demande, et même la nuit. Il est vrai qu'ils desservaient des zones alors peu fréquentées.

Détails techniques curieux: une cloche annonçait l'arrivée et le départ du train: un nombre impair de trois coups pour son arrivée, un nombre pair de deux pour son départ. D'autre part, les gardes devaient poser des pétards et agiter le drapeau rouge s'il y avait des obstacles sur la voie. Il fallait le faire aussi dans le cas de "dérives", c'est-à-dire si, par suite de fausses manoeuvres ou de freins desserrés, des motrices descendaient sans conducteur. Le personnel était d'ailleurs astreint à un entraînement pour être prêt à parer à tout incident. Il était l'objet d'inspections de la part du chef du district-poseur, lequel surveillait aussi le matériel et l'état des barrières.

Bien sûr, il a pu y avoir des altercations sur les passages à niveau avec des automobilistes trop pressés, ou des accidents matériels du fait de barrières enfoncées, mais cela s'est surtout produit depuis l'automatisation.

Quant aux pétards, ils sont toujours utilisés, mais seulement pour saluer lors de son dernier passage un conducteur de train partant pour la retraite.

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